
Tout d’abord, les passages sans dialogues à répétitions accentuent l’effet de lenteur. La pièce a beaucoup de mal à démarrer. Elle traîne en longueur car rien ne s’y passe les premières minutes. Lorsque la salle se remplit, avant le spectacle, les acteurs sont déjà sur la scène en train de dormir. Cette action se prolonge encore pendant de longues minutes. Les personnages vont se lever successivement pour aller aux toilettes. Il n’y a aucun dialogue. Alors, forcément, c’est long pour le spectateur qui se demande ce qu’il se passe.
Ensuite, le thème plutôt original nous emporte dans des fous rires magistraux.
Est-il coutume de mixer vie ancienne et fiction lors de pièces de théâtre ? Ici, Tuncer Cucenoglu y est arrivé. Des répliques inattendues ainsi que des petites piques, tout a été soigneusement travaillé dans le but d’être hilarant. Le spectateur fait un retour en arrière et est carrément plongé dans la fiction. L’auteur de la pièce met à découvert des thèmes touchants comme l’affrontement des générations, ainsi que la révolte de ceux qui veulent mettre des couleurs dans leur vie malgré leur peur constante. Il s’identifie facilement aux personnages. Il a peur avec eux, ne sait pas quoi faire, et est bloqué dans la même situation. Il essaye de faire le moins de bruit possible afin de ne pas déclencher d’avalanche.
Enfin, la pièce est tellement réaliste qu’on se croirait au milieu d’une chaîne de montagnes. En effet, les nombreux jeux de lumière et de son sont là pour rappeler l’époque et le temps. Dès qu’un personnage sort de la maison, des bruits de pas neigeux apparaissent. Les lumières chaudes font que les spectateurs se sentent bien au chaud, alors que dehors, règne un froid de canard. La présence de fondus au noir marque les différentes heures qui passent. Tous ces détails font que les spectateurs se sentent envoûtés par l’univers pittoresque de ce petit village retiré au cœur des montagnes.



